31/08/2016

A une passante : Arntzenius


Floris Arntzenius - Dans la rue à La Haye, n.d.




D'Arntzenius, déjà : ici,  et encore .

30/08/2016

La vie privée des choses : mystique et travail forcé


Francisco de Zurbarán - Une tasse d'eau et une rose sur un plat d'argent, ca 1630
Huile sur toile
National Gallery, London
Via d1nny




Ici, comme ailleurs chez Zurbarán, la rose est sans doute mystique. Et ce dont est fait le plat pourrait bien venir du Potosí, où les Indiens travaillaient sous le régime de la Mit'a, institution Inca que les conquérants espagnols transformèrent en travail forcé pour l'exploitation intensive des mines d'argent.

29/08/2016

Regarde la route : Pelechian


Artavazd Pelechian - Menq / Nous, 1969, extrait
Mis en ligne par sipsun8





Menq (Nous en arménien, et il s'agit ici de l'histoire des Arméniens), en entier (24'), peut se voir . Et d'Artavazd Pelechian, déjà.

28/08/2016

27/08/2016

The cat's meow : et les panneaux indicateurs s'arrêteront d'indiquer


Procol Harum - Homburg, 1967 (Keith Reid, Gary Brooker)
Mis en ligne par fritz5137





Your multilingual business friend
Has packed her bags and fled
Leaving only ash-filled ashtrays
And the lipsticked unmade bed

The mirror on reflection
Has climbed back upon the wall
For the floor she found descended
And the ceiling was too tall

Your trouser cuffs are dirty
And your shoes are laced up wrong
You'd better take off your homburg
'Cause your overcoat is too long

The town clock in the market square
Stands waiting for the hour
When its hands they both turn backwards
And on meeting will devour
Both themselves and also any fool
Who dares to tell the time
And the sun and moon will shatter
And the signposts cease to sign



Ta copine de boulot multilingue
A fait ses malles et s'est taillée
elle n'a laissé que les cendriers pleins
et le lit défait plein de rouge à lèvres

Le miroir à la réflexion
Est remonté sur le mur
Le sol descendait, trouvait-elle
Et le plafond était trop haut

Ton pantalon a les revers sales
Et tes chaussures sont mal lacées
Tu devrais ôter ton chapeau (1)
Car ton pardessus est trop long

L’horloge de la ville est sur la place du marché
Elle attend l’heure où ses aiguilles
Tourneront toutes deux à l’envers
Et quand elles se rencontreront
Elles ne feront qu’une bouchée
D’abord, l’une de l’autre
Et aussi de tous les idiots
Qui se risqueraient à dire l’heure
Et puis le soleil et la lune
Eclateront en mille morceaux
Et les panneaux indicateurs
S'arrêteront d'indiquer



(1) mou, le chapeau, mou… Homburg c’est ça, un chapeau mou.

26/08/2016

DIY : issue de secours


Salle des fiches bricolage du professeur Choron
Exposition Hara-Kiri photo, rencontres d'Arles, 4 juillet - 25 septembre 2016




L'humoriste classique fait des blagues sur les Belges, les blondes, les Noirs : les minorités, quoi. Choron a fait des blagues sur les chaussettes, le dictionnaire, l'Opéra, la baguette, la soupe, les saucisses, les tourne-disques et le cosmos, c'est-à-dire tout ce que tout le monde estime évident, mais qui ne l'est pas du tout, ni dans ses origines, ni dans ses fins.
Pacôme Thiellement - Tous les chevaliers sauvages, tombeau de l'humour et de la guerre, Philippe Rey éd. 2012, pp. 49-50.


Et pendant ce temps-là...
...telling women

25/08/2016

Parcs et jardins : James McIntosh Patrick

James McIntosh Patrick - A City Garden, 1940
Huile sur toile
Dundee Art Gallery and Museum
Via firstknownwhenlost





24/08/2016

23/08/2016

Portrait craché : Alex Katz


Alex Katz - Philip Pearlstein, 1978
Huile sur aluminium (cut-out) 
Via Mark Phillipson




© Alex Katz, courtesy The Metropolitan Museum of Art, New York



Et d'Alex Katz, déjà.

22/08/2016

Ronde de nuit : Komar & Melamid


Vitaly Komar & Alexandre Melamid - On frappe à la porte, 1982-83, de la série Réalisme socialiste nostalgique
Huile et tempéra sur toile





La lampe opaline, un rappel des innombrables portraits de leaders au bureau, jusque tard dans la nuit. Le tapis et le livre, d'un rouge classique. Précipité sous la table quand on frappe à sa porte, le personnage éprouve la Большой террор, la Grande Terreur des années 1937-38.

Et de Komar & Melamid, déjà.

21/08/2016

Bang : André Lhote


André Lhote - Stand de tir à la fête foraine, 1932 
Huile sur toile 
Collection privée
Via soir charmant

20/08/2016

Portrait craché : Rosy Lamb


Rosy Lamb - Jasmine (The Shed 2), 2013
Huile sur plâtre
Via boumbang

19/08/2016

Le greffe : Netsuke


Kaigyokusai Masatsugu - Chat endormi
Netsuke
Ivoire, encre de Chine et pigment rouge
LACMA

18/08/2016

L'art de la cuisine : Colville


Alex Colville - Refrigerator, 1977
Polymère acrylique sur isorel
Collection privée
Via Good Company

16/08/2016

L'art de la rue : pluies et nuits des années 30



Max Arthur Cohn - Sans titre (Pluie sur la ville), ca 1938
Sérigraphie couleur sur papier tissé




Millard Sheets, Beer for prosperity, 1933
Aquarelle sur papier
The E. Gene Crain Collection


(à noter, la date : Beer for prosperity célèbre en fait la fin de la prohibition).

Et de Millard Sheets, déjà, ici et .

15/08/2016

Fantômes à la rencontre : à l'heure incertaine qui précède l'aurore


T. S. Eliot rencontre un fantôme 
extrait de Little Gidding, 1942
Lecture par Alec Guinness, 1971
Mis en ligne par feelingmyage




In the uncertain hour before the morning
Near the ending of interminable night
At the recurrent end of the unending
After the dark dove with the flickering tongue
Had passed below the horizon of his homing
While the dead leaves still rattled on like tin
Over the asphalt where no other sound was
Between three districts whence the smoke arose
I met one walking, loitering and hurried
As if blown towards me like the metal leaves
Before the urban dawn wind unresisting.
And as I fixed upon the down-turned face
That pointed scrutiny with which we challenge
The first-met stranger in the waning dusk
I caught the sudden look of some dead master
Whom I had known, forgotten, half recalled
Both one and many; in the brown baked features
The eyes of a familiar compound ghost
Both intimate and unidentifiable.
So I assumed a double part, and cried
And heard another's voice cry: "What! are you here?"
Although we were not. I was still the same,
Knowing myself yet being someone other--
And he a face still forming; yet the words sufficed
To compel the recognition they preceded.
And so, compliant to the common wind,
Too strange to each other for misunderstanding,
In concord at this intersection time
Of meeting nowhere, no before and after,
We trod the pavement in a dead patrol.
I said: "The wonder that I feel is easy,
Yet ease is cause of wonder. Therefore speak:
I may not comprehend, may not remember."
And he: "I am not eager to rehearse
My thoughts and theory which you have forgotten.
These things have served their purpose: let them be.
So with your own, and pray they be forgiven
By others, as I pray you to forgive
Both bad and good. Last season's fruit is eaten
And the fullfed beast shall kick the empty pail.
For last year's words belong to last year's language
And next year's words await another voice.
But, as the passage now presents no hindrance
To the spirit unappeased and peregrine
Between two worlds become much like each other,
So I find words I never thought to speak
In streets I never thought I should revisit
When I left my body on a distant shore.
Since our concern was speech, and speech impelled us
To purify the dialect of the tribe
And urge the mind to aftersight and foresight,
Let me disclose the gifts reserved for age
To set a crown upon your lifetime's effort.
First, the cold fricton of expiring sense
Without enchantment, offering no promise
But bitter tastelessness of shadow fruit
As body and sould begin to fall asunder.
Second, the conscious impotence of rage
At human folly, and the laceration
Of laughter at what ceases to amuse.
And last, the rending pain of re-enactment
Of all that you have done, and been; the shame
Of things ill done and done to others' harm
Which once you took for exercise of virtue.
Then fools' approval stings, and honour stains.
From wrong to wrong the exasperated spirit
Proceeds, unless restored by that refining fire
Where you must move in measure, like a dancer."
The day was breaking. In the disfigured street
He left me, with a kind of valediction,
And faded on the blowing of the horn.






L'heure incertaine, plutôt que l'heure indéfinie de la traduction par Pierre Leyris, qui écrit pour l'alexandrin. Sur l'histoire des traductions des Four Quartets, on peut lire ce qu'en disait Claude Vigée, et c'est assez drôle.

13/08/2016

Portrait craché : de Sousa-Cardoso


Amadeo de Souza-Cardoso - PAIR IMPAIR 1 2 1, ca 1915-16
Huile sur toile
Collection particulière

12/08/2016

L'art de la fenêtre : avec vue sur l'université


Carlo Pedreschi - View from Duncan of Jordanstone College towards the University of Dundee, ca 1976 
Huile sur toile
© Carlo Pedreschi

11/08/2016

La traversée du temps





Vers les terres rouges, au bord la Lergue (la Lèrga) il y a ce champ, qui était une vigne, et qui porte un nom - c'est un lieu-dit : Le Temps (Lo Temps). Et le chemin qui le borde, ils l'appellent chemin de l'homme mort (cami de l'òme mort).

Mme Chat - C'est donc cela, le temps ?

M. Chat - Oui, et ça se traverse vite.

10/08/2016

Le bar du coin : on est seulement malheureux au point de départ


Emile Bernard - Au Café de Paris, date inconnue 
Huile sur carton 
Collection privée


Le soir venu, je me rends dans une gargote sur un boulevard noir de monde, je m’installe aussitôt à une table contre la vitre et pendant des heures je regarde les gens passer. Si je m’ennuie ? Au contraire, je m’amuse follement. Vous croyez que j’observe l’accoutrement des gens et que j’invente des histoires ? Pas du tout ! Alors vous allez me demander : comment vous amusez-vous ? Comment je m’amuse ? Je songe à la mort, à la vieillesse, aux guerres à venir… Plus je suis envahi de pensées sombres, plus je m’amuse. Les gens sont tous méchants. La vie est vaine. L’amour est une sottise. Et ainsi de suite. Mais comment s’amuser avec des pensées pareilles ? Rien n’est jamais tout noir. Cherchez, vous trouverez. Moi j’ai trouvé le plus difficile : le remède contre la mort ! J’imagine que je ne vais pas mourir et ça marche. Disons qu’après avoir eu plein de sombres pensées, on atteint un monde tout frais, tout gai, tout heureux. On est seulement malheureux au point de départ. Il ne faut donc pas s’en faire, on est comme avant. Insouciant, joyeux…

Sait Faik Abasiyanik, Le Café du coin, 1950
trad. du turc par Rosie Pinhas-Delpuech, Bleu autour éd. 2013

En remerciant François Durif

09/08/2016

Mirlitons : les alexandrins du 8 Août










Le ministre au chevet des prisons surpeuplées
Les casinos font le pari de la jeunesse




(de temps en temps, les actualités en forme de mirlitons)