31/10/2010

Ronde de nuit : Bonom




Mis en ligne par tvbrussel


Une rare et trop courte apparition de Bonom, également ici, suite à son inculpation. Ces temps-ci vous entendrez plutôt parler de Banksy  mais Bonom, moins médiatisé, est à mes yeux tout aussi intéressant, voire plus. Levez les yeux, à Paris ou à Bruxelles, sur cette grande animalerie fantôme - la nuit venue les villes rêvent ainsi, de Minotaures, de crocodiles flottants et d'araignées géantes. Monstres bénins, comparés à ce qui vous guette quand vient le jour.

A ce propos, ici et


Et, pendant ce temps-là...
...un petit bilan (en anglais) par Felis Niger
...un autre (en français) chez les icônes

30/10/2010

Parcours du 28 Octobre : Ils vont nous arranger la république



Place de la République, l'ancienne... 
 




...ou la nouvelle qu'on nous arrange (?)...






On danse en attendant...






...de pouvoir enfin démarrer.






On constate que la crise de l'immobilier de bureau est effectivement terminée...






...et on souhaite le bonjour à Johann Strauss, deuxième du nom, qui nous dédie une musique de circonstance...




Johann Strauss - Marche russe
Mis en ligne par TheWickedNorth






Car il ne s'agit pas de déposer les armes...






...bien plutôt d'insister sur les mesures qui s'imposent.






Réécrire le scénario...






...faire sauter la banque...





...défarfouiller les Farfouillettes...





...faire passer aux oranges...





...ce sale goût de presse-citron, et faire que le printemps...






...ne soit pas celui des monstres.






Et revoici le vice infâme, au 102 boulevard Haussmann...






...transformé en immeuble de bureau en 1919. C'est là, comme le dit la plaque, que Proust habita pour la première fois tout seul, après la mort de sa mère - et que fut en grande partie écrit A la recherche du temps perdu. Il n'y a pas que les intermittences du coeur chez Proust, mais aussi des considérations intéressantes sur l'immobilité du temps politique, ainsi, le Faubourg Saint-Germain entre 1914 et 1918 :

"Les choses étaient tellement les mêmes, tout en paraissant différentes, qu'on retrouvait tout naturellement les mots d'autrefois "bien pensants, mal pensants". Et de même que les anciens communards avaient été antirévisionnistes, les plus grands dreyfusards voulaient faire fusiller tout le monde et avaient l'appui des généraux, comme ceux-ci au temps de l'affaire avaient été contre Galliffet" (1).

Tout est là de notre Vieux Pays, avec un demi-siècle d'avance sur Tomasi di Lampedusa (2), c'est la France comme la Sicile...

On continue, on se prend à rêver...





...on croise, comme d'habitude, l'homme au panneau...






...et nous voici...






 ...place Saint-Augustin devant le Cercle des armées (nous n'avons pas pu visiter)...






...et, comme di(sait)t Chris Marker, à bientôt j'espère...



(1) Marcel Proust, Le temps retrouvé, p. 2157 éd. Quarto de la Recherche.


(2) "Se non ci siamo anche noi, quelli ti combinano la repubblica. Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi. Mi sono spiegato ?"
 "Si nous ne sommes pas là nous non plus, ils vont nous arranger la république. Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change. Suis-je clair ?
Ainsi parle Tancrède Falconeri, qui a lui aussi son idée pour arranger la république, dans Il gattopardo, de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, p. 50 ed. Feltrinelli. Trad. J.-P. Manganaro.

28/10/2010

Kubarev/Pimenov : cinquante ans de fenêtres moscovites

Youri Pimenov - Fenêtres du matin, 1959


Philipp Kubarev - Во дворе на Пятницкой / Dans la cour sur la rue Piatnitskaïa, 2005
(Source)

26/10/2010

Transports en commun : Bo Bartlett

Bo Bartlett - Homeland, 1994

Voir le site de Bo Bartlett



Et pendant ce temps-là...
...les nuits sont rouges

24/10/2010

Ronde de nuit : Millet

Jean-François Millet - Chasse des oiseaux avec les feux, 1874
(Philadelphia museum of art, Via Wikimedia Commons)

23/10/2010

L'art de la fenêtre : Campbell Taylor

Leonard Campbell Taylor - The rain, it raineth every day, 1906
Via art inconnu


Et pendant ce temps-là...

22/10/2010

Ronde de nuit : Schnackenberg

Walter Schnackenberg - Zeichnung zum Gedicht 'Ballade'/Dessin pour le poème 'Ballade'
Illustration pour Simplicissimus



Via ajourneyroundmyskull (licence CC) qu'il faut remercier de nous faire redécouvrir, petit à petit, l'oeuvre de Schnackenberg.

20/10/2010

Parcours du 19 octobre : Kenzō Tange, Gustave Eiffel, même combat



Le point de ralliement est résolument constructiviste : la tour-signal de Kenzō Tange pour le Gaumont grand écran de la place d'Italie - fermé depuis janvier 2006.


De là, on passe devant cet appel, émanant d'informaticiens libertaires...





...nous adjurant d'arrêter toute opération de maintenance d'un OS devenu obsolète depuis la fin du XIXème siècle, au bas mot - c'est vrai qu'il en va de notre sécurité. Plus loin, on croise un autre petit métier...
 




...le prêteur d'oreilles.





Ainsi survivent de modestes artisans, tandis que l'on s'inquiète pour des commerces que l'on a vu prospères.

Telle cette enseigne, plus loin sur le boulevard Blanqui...







...et nous frémissons - grands Dieux, à quels saints se vouer, à quels milliardaires se vendre ? Intérieurement, nous nous félicitons de ne pas connaître pareils dilemmes.

Plus loin, on longe le cimetière Montparnasse...




...regardez bien, voyez, hilares, assis sur le mur, les quatre fantômes de Robert Desnos, Jean-Paul Sartre, Samuel Beckett et  Julio Cortazar. Nous avons distinctement entendu Desnos nous donner le bonjour de Rrose Sélavy, Sartre nous exhorter de sa voix métallique à ne pas nous arrêter aux Invalides - continuez jusqu'à Billancourt ! criait-il. Cortazar fredonnait un tango où il était question de tatous et de pingouin turquoise, et le grand Sam hurlait un de ses derniers cris de guerre...


 Samuel Beckett - Worstward Ho/Cap au pire 
ill. Alberto Giacometti, Grove Press, New York, 1983


Puis, un fois doublé le lion...




 ...qui en a vu d'autres, et mangé bien des gouvernements...




...on s'avance à travers les quartiers pimpants...




...d'un Paris pittoresque, tel que l'a voulu la bancassurance...




jusqu'à apercevoir cet autre point  de ralliement...




...la Touréfèle - aurons-nous au cours de ce mouvement le temps de la rencontrer trente-six fois, comme l'a fait Henri Rivière ?


 Henri Rivière - Trente-six vues de la Tour Eiffel - Vue 36, Le peintre dans la Tour.


Et, après les Invalides, nous avons suivi le conseil de Sartre. Avec Mme Chat, nous avons continué jusqu'à Billancourt - nous avions, il est vrai, nos propres raisons.

19/10/2010

Ronde de nuit : George Ault

George Ault - Sullivan Street Abstraction, 1947
Via Ordinary finds



Et, pendant ce temps-là...

17/10/2010

Croûtons et lardons au menu du 16 octobre



Les manifestations, comme toute chose, ont un début, un milieu et une fin. Au début, on sort du métro, on se cherche, on se renifle, on se dit bonjour. Ici, pas loin du métro Oberkampf, Spiderman et Superman se demandent s'ils vont adhérer à la CFDT.

On a dit bonjour à Marie-Thérèse, ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vue - toi, tu es en retraite maintenant, m'a-t-elle dit, et toi, tu travailles encore, en parlant à Mme Chat. Marie-Thérèse a toujours eu un oeil de lynx. Marie-Thérèse fait ce qu'elle a toujours fait, elle défend bec et ongles son petit syndicat solidaire dans les longs couloirs pas si solidaires que ça d'une très redoutée Administration Centrale.

Puis dans le milieu des manifestations, on regarde autour de soi...






...on s'interroge sur l'impossibilité des virages à gauche, et sur l'obligation de traverser en deux temps.






J'aime bien les dames qui font des signes aux fenêtres pour nous encourager. Parfois, la manifestation les remarque et les acclame, alors les dames se cachent parce qu'elles sont timides.

Dans la manifestation il y a des croûtons et des lardons...






...le monsieur qui porte la pancarte a l'âge d'avoir crié comme moi, il y a quarante ans, que nous ne sommes pas contre les vieux, mais contre tout ce qui les a fait vieillir (1).

On regarde en l'air, et quand on voit le superbe graff du 86 boulevard Voltaire...







...on sait qu'on n'est pas loin de la fin. On les a tant de fois vues à travers des fumigènes, ces fenêtres...







...et, sous le ciel changeant, quand les têtes de cortège s'arrêtent pour la photo de fin, c'est un instant...








...un peu cabot, hors de propos mais si touchant. Car on a beau dire, la tête de cortège n'en sait pas beaucoup plus que la queue sur la suite et c'est le moment ou tout reste en suspens...


 





...où on se pose, en équilibre sur un pied, la fameuse question, que va-t-il se passer maintenant ?

Et puisque c'est l'endroit où le plus souvent elle se pose, appelons-la la question...






...de la place de la Nation.


(1) Mot d'ordre du Front de Libération de la Jeunesse, ca 1971.

16/10/2010

Le bar du coin : Carl Bloch

Carl Heinrich Bloch - Dans une osteria romaine, 1866
(Statens Museum for Kunst, Copenhague)

On peut voir trois détails de ce tableau chez Hans Ollermann